En synthèse

Le projet communal d’Ongles prévoit une implantation de 12,7 ha.

L’étude d’impact porte sur l’implantation d’une unité de production d’électricité à partir d’énergie solaire au lieu-dit « Seygne », au sud-ouest du village. Le projet se situe sur les piémonts de la montagne de Lure, sur un plateau entrecoupé de ravins et vallons assez encaissés, dans un secteur de forêt communale soumis à un plan d’aménagement forestier actuellement en révision. 

D’une puissance d’environ 8 MWc, le projet comprend deux emprises distinctes et clôturées nécessitant un défrichement de 12,7 ha (emprise du parc, pistes extérieures à créer, accès avec élargissement du chemin rural et amélioration de la visibilité). La surface liée à l’obligation légale de débroussaillement (OLD) est de 13,2 ha.

Orientés plein sud, les 43 000 m2 de modules photovoltaïques seront montés sur châssis en aluminium ancrés dans le sol, d’une hauteur comprise entre 0,8 m et 3 m. Le projet nécessite l’implantation de quatre locaux techniques (trois postes de transformation, un poste de livraison) de 96 m² de surface de plancher avec un bardage en bois. La défense contre les incendies impose également l’installation de deux citernes en dur de 60 m³ et d’aires de retournement associées de 200 m² chacune.

La production annuelle attendue est estimée à 12,7 GWh, équivalant à l’alimentation électrique de 2 720 logements. Parallèlement à la construction du parc, celui-ci sera raccordé au poste-source de Limans, situé à environ 3,5 km (ou 6 km selon les pages du dossier), ce qui nécessitera des travaux de tranchée et d’enfouissement des câbles électriques le long des voiries existantes. 

La durée prévisionnelle totale des travaux est de 8 mois (défrichement et construction du parc) générant un trafic de 250 camions (hors défrichement, selon le dossier). L’accès aux sites se fera par la RD 950 au nord puis par des pistes forestières au sud. L’exploitation photovoltaïque est prévue pour une durée de 40 ans. Dans le cadre du démantèlement du parc en fin de bail, il est prévu que, selon la réglementation en vigueur, « tous les éléments du parc solaire seront enlevés intégralement à une profondeur minimale de 1,5 m de la surface du sol et les cavités en résultant devront être comblées ».

On peut accéder aux documents portés à la connaissance des intéressés lors de l’enquête publique (close le 5 Décembre 2019)

Notre position

L’association « Les Amis de la Montagne de Lure » n’est PAS favorable à ce projet. Nous avons présenté nos arguments au commissaire enquêteur, arguments que nous reprenons ci-dessous :

Objet: Projet de défrichement au lieu-dit La Seygne à Ongles sur 12,7 hectares soit plus de 18 terrains de football pour installer dans un premier temps une installation industrielle de 10 hectares de panneaux photovoltaïques.

Nous nous opposons à ce projet de défrichement et à l’implantation d’une réalisation industrielle dans cet espace forestier unique et protégé. 

Quelles en sont les principales raisons ?

  • Pourquoi sacrifier des arbres magnifiques et matures qui constituent un biotope remarquable à préserver comme le souligne dans son avis la MRAe?

  • Pourquoi le choix d’Ongles alors que l’évaluation environnementale est limitée à la zone de l’intercommunalité et n’évoque pas les possibilités offertes dans le 04 par des toitures industrielles, des ombrières ou des friches?

  • Pourquoi la DDT du 04 serait-elle favorable à un projet en contradiction complète avec ses propres recommandations du guide des recommandations pour les porteurs de projets de centrales photovoltaïques ? Recommandations qui souligne entre autre de ne pas installer de photovoltaïques industriels sur des zones forestières ayant bénéficié d’investissements et exclure les surfaces forestières à potentiel moyen à très fort (plus de 4m3/ha/an)?

  • Pourquoi ne sont pas précisés que les travaux durant la phase d’exploitation dérangent la population et la faune?

  • Pourquoi envisager une phase d’exploitation pendant 40 ans pour alimenter des zones urbaines éloignées alors que le transport électrique génère une perte en ligne significative et que les modalités pour rejoindre le poste source et au-delà créent des nuisances très nombreuses? 

  • Pourquoi l’opérateur ne s’engage à faire qu’une visite par an pendant 5 ans et ensuite, 1 visite tous les 5 ans ?

  • Pourquoi le bilan carbone des panneaux (fabrication, transport, recyclage, etc) n’est- il pas précisé quand on sait qu’il est très négatif, notamment au regard de la déforestation envisagée?

  • Pourquoi le bilan carbone pour la remise en état du site n’est il pas précisé ?

  • Pourquoi rien n’est -il prévu pour le démantèlement?  Pourquoi n’y a t il  pas d’engagement alors que le risque est  très élevé que ce soit les communes qui devront gérer quand la société aura vraisemblablement disparue au regard des sociétés écrans constituées pour l’occasion?

  • Pourquoi l’opérateur ne mentionne-t-il pas le bruit des onduleurs très perturbant tant pour les habitants proches que pour la faune ?

  • Pourquoi dénaturer voire abandonner le Chemin de grande randonnée de Pays (GRP) qui longera un site industriel ? Que va devenir la Via Appia qui traverse le périmètre ? 

  • Pourquoi ne pas respecter la biodiversité et la zone humide sachant qu’aucune mesure compensatoire ne saurait compenser les siècles qui ont permis leur existence?

  • Pourquoi autoriser un défrichement en mettant la population et les services de l’Etat devant le fait accompli alors que la modification du PLU n’est pas encore approuvée ? Et que le règlement d’urbanisme actuel n’est pas compatible avec l’installation d’un parc solaire ?

  • Pourquoi ne pas offrir les toitures communales pour une production photovoltaïque locale et en autoconsommation ? Plutôt que de détruire le paysage ?

Concertation

À l’initiative de quelques habitants du village, une réunion d’information a eu lieu à Ongles le mercredi 11 décembre 2019. L’objet de la réunion était de débattre sur les projets de défrichement et de construction d’un parc photovoltaïque.

Nous y avons participé : voici le compte rendu de la reunion

Actions

Le 19 février 2020, pour tenter de progresser sur ce dossier dans la conciliation, Amilure adressa un courrier à Madame le Maire, Maryse Blanc – courrier dont les principales institutions locales reçurent la copie.

S’ensuivit une réunion le 12 juin 2020 avec la mairie et le président de la Communauté de commune Pays de Forcalquier-Montagne de Lure, Arnaud Boutet, qui n’aboutit à aucune conclusion productive.

Le 15 juillet 2020, Amilure a déposé un recours contentieux contre ce projet, au Tribunal Administratif de Marseille.

La Ligue pour la Protection des oiseaux (LPO Paca) et France Nature Environnement (FNE 04) ont déposé leur propre recours. Voici leur communiqué de presse conjoint du 10 novembre 2020.

index projet : #ongles-seygne

3 commentaires sur “Seygne, à Ongles

  1. Merci pour votre commentaire. Alors qu’Amilure a eu différentes réunions de concertation ouverte avec Madame la Maire et échangé et partagé ensemble les recommandations et analyses sur le projet, nous ne pensons pas avoir fait preuve de légèreté. De quelles propositions voulez-vous parler sachant qu’à ce stade nous n’avons pas entendu que le défrichement de la foret de Seygne et la destruction des zones humides seraient reportés sine die et que le projet d’installations photovoltaïques qui est contraire aux recommandations de la DDT04 serait lui-aussi reporté. Avez-vous des informations qui nous auraient échappé ?

  2. Il est pour le moins un peu “léger” d’expédier en quelques lignes la tentative de conciliation du 12 juin, dont la présentation de l’initiative est erronée ; il est pour rester dans la litote un peu léger de parler d’absence de conclusion productive, alors qu’Amilure n’a formulé aucune ouverture aux propositions faites par la mairie d’ONgles et les parties présentes.

    1. La commune, l’opérateur, l’Etat, envisagent d’installer une zone industrielle dans un espace naturel à protéger, en tordant le cou à la réglementation. Ils envisagent sereinement la destruction d’un ensemble d’écosystèmes forestiers singuliers, la destruction d’un paysage original, la destruction d’une ressource bois importante, l’altération pérenne d’un fonctionnement hydraulique, l’altération des usages locaux. Tout ça au nom de la transition énergétique. C’est une manière vraiment légère, cyniquement désinvolte, d’envisager la réduction de notre impact sur l’environnement.
      Jusqu’à présent je n’ai entendu, en fait de conciliation, que la répétition des justifications au projet, sans propositions alternatives. S’agirait-il des mesures de réduction ou des mesures compensatoires ? Pardonnez moi le trait, dans le cas présent c’est de la verroterie écologique.

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