Conversion partielle de la centrale électrique à charbon de Gardanne en incinérateur de biomasse forestière

Depuis bientôt huit ans, une forte contestation de la conversion partielle d’une centrale à charbon à Gardanne (unité PR4) se développe notamment à l’initiative de le collectif SOS Forêt du Sud, rejoint depuis par de nombreuses associations locales ou ONG. Cette centrale est prévue pour brûler environ 850 000 tonnes de biomasse, en grande majorité du « bois forestier », c’est-à-dire des arbres entiers. L’opposition a de nombreuses raisons : l’impact sur les forêts dans l’immense zone d’approvisionnement (400 km autour de Gardanne) et sur le marché du bois régional, les conséquences pour la santé publique (particules fines, poussières de bois, bruit, forte augmentation du trafic de camions…), le gaspillage de subventions publiques (70 millions d’euros par an pendant 20 ans), la très faible efficacité énergétique (moins de 40%, à cause de l’absence de cogénération et donc de valorisation de la chaleur)… Et la cerise sur le gâteau ça n’aide en rien la lutte contre le changement climatique. En fait, ça l’empire.

Voir à ce sujet notre analyse de la biomasse comme mode de production d’énergie, qui démontre le cocktail particulièrement catastrophique de ce procédé, entre son impact destructeur et ses minables performances.

La centrale de Gardanne, où l’on distingue l’acheminement du bois vers les fourneaux

Localement nous devrions nous réjouir que les dysfonctionnements de la mise en route de l’unité 4 de Gardanne, auxquels s’ajoutent des errements dans sa gestion, ralentissent l’application des objectifs délirants qui menacent nos forêts. Les alertes des scientifiques ne semblent pas hélas être entendues par les gouvernants et la convoitise d’un apport financier immédiat par la vente de bois fait vaciller la conscience de plusieurs élus locaux qui s’engagent dans des actions spéculatives de gestion de leurs forêts communales.

A cette irresponsabilité industrielle autant qu’administrative s’ajoute l’inconscience politique : empêtrée dans les obstacles que suscite la mise en pratique des théories fallacieuses sur l’efficacité de la biomasse forestière, la société Gazel énergie, propriétaire des installations, a demandé, et obtenu, que sa dette de 30 M€ envers l’Etat soit effacée par notre ministre de la transition écologique. Sa justification pour ce geste de clémence : « Nous n’avons pas souhaité ajouter de la difficulté aux difficultés. » Cette logique du beau geste fait peur : elle permettrait de préserver de l’échec les entreprises les plus insensées et les plus destructrices.

En attendant, Gazel soigne sa communication d’une main tout en licenciant de l’autre…

Amilure s’engage contre ce projet, qui évolue loin de son périmètre de vigilance mais qui dépend des forêts à proximité du site : la montagne de Lure est directement visée. Les appétits gargantuesques de cette chaudière industrielle vont fatalement se tourner vers nous et les intérêts financiers et politiques sont tels qu’on pourra difficilement s’interposer. Il faut tuer ce monstre dans l’œuf. 

 

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