Aux Omergues, à l’extrémité nord-ouest de notre territoire de vigilance, Sun’R voudrait implanter une centrale photovoltaïque au sol d’une  puissance de 4,99 MWc, sur une emprise totale de 6,16 ha. Cette centrale recouvrirait une partie sommitale de la pente sud du Puech (1 240 m NGF) à l’intérieur d’une zone constituant un secteur encore préservé.

La MRAe a déposé ses conclusions, que nous reprenons ici et qui constituent notre seule source d’information sur ce projet.

Le site du projet s’implante au sein d’une friche sylvicole, sur une parcelle ayant fait l’objet précédemment d’une coupe sylvicole, puis d’une exploitation pour l’agriculture. Cette activité ayant pris fin en 2006, les parcelles constituent depuis une friche agricole caractérisée par un milieu ouvert où la végétation spontanée se développe.

Au regard des spécificités du territoire et des effets potentiels du projet, les principaux enjeux identifiés par la MRAe portent sur la prise en compte du paysage et de la biodiversité, le projet étant situé sur les contreforts de la montagne de Lure, secteur qualifié de site remarquable par l’atlas des paysages des Alpes-de-Hautes-Provence.

Les boisements observés sur le site d’étude ayant moins de trente ans, le projet de parc photovoltaïque n’est pas soumis à une demande de défrichement selon le dossier. Cependant, compte tenu de la création d’une partie de la piste d’accès au site (environ 400m), l’absence de demande de défrichement dans le dossier doit être justifiée.

Le site « Défends du Bon Péou », au sein duquel vient s’insérer le projet, est bordé de grands espaces naturels peu anthropisés. C’est une zone ouverte au sein d’un milieu fermé, et, de ce fait, un espace de déplacement, de chasse, et d’alimentation pour la faune correspondant à un corridor écologique, contrairement à ce que mentionne l’illustration n°40 (p 56).

Risque feu de forêt

La caractérisation de l’aléa d’incendies de forêts réalisé dans le cadre du porter-à- connaissances du 12 février 2020 présente un aléa d’incendies de forêts « élevé » à « très élevé » au droit de l’implantation du projet mais également tout autour, le site étant entouré essentiellement de boisements. Ainsi, de par sa position très isolée et la nature de ses installations, le projet est à la fois vulnérable au risque feux de forêt, mais également peut contribuer à aggraver ce risque.

Concernant la biodiversité, la MRAe, au vu des lacunes relevées en matière d’inventaires, recommande :

  • d’actualiser par des investigations complémentaires de terrain les inventaires naturalistes (+ de 5 ans) afin de préciser les enjeux et d’apprécier l’incidence du projet et de revoir les mesures ERC en conséquence.
  • d’intégrer dans le projet et son étude d’impact l’accès au parc, le raccordement au réseau électrique, ainsi que les obligations légales de débroussaillement (OLD) et le cas échéant, de requalifier les impacts induits.
  • de compléter la justification du choix du site proposé, en mettant en exergue les arbitrages rendus et le poids des questions d’environnement (paysage, biodiversité, risques …) dans cette démarche.
  • de revoir l’analyse quantitative et qualitative des effets cumulés et cumulatifs du projet sur la biodiversité et le paysage du secteur, en identifiant les projets qui, par leur existence, leur proximité ou leur influence, sont de nature à combiner leurs effets individuels avec ceux du projet étudié.
  • de retravailler la forme du projet afin d’améliorer son intégration paysagère au sein de l’espace naturel. Elle recommande d’illustrer les impacts paysagers au moyen d’un cahier de photomontages, de manière à faciliter la lecture, la compréhension et l’appréciation du projet dans le paysage.

Notre conclusion

Sur la foi de cette analyse crédible, Amilure s’opposera à ce projet destructeur de biodiversité et des paysages de la montagne de Lure. Les principales raisons de ce positionnement :

  • Ce projet aggraverait le mitage sur la zone avec la proximité immédiate de plusieurs autres installations industrielles à venir (Redortiers 130 ha, Revest du Bion (15 ha), Les Omergues (130 ha).
  • Il se trouve à 1,5 km de l’installation industrielle photovoltaïque La Lauzette-Amic.
  • Il ne respecte pas les directives de la DDT 04.
  • Le raccordement n’est pas précisé. S’il doit rejoindre Limans, c’est à 20 km.
  • Le risque d’incendie est très élevé.

Amilure énonce dans son manifeste son refus « des expertises fallacieuses des promoteurs concernant les enjeux paysagers et les impacts environnementaux sur la flore et la faune. »

index projet : #omergues-bon-peou

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