Amilure

Les amis de la montagne de Lure

Le projet

Il y a une dizaine d’années, un projet photovoltaïque privé sur Limans avait été stoppé suite à l’avis défavorable du conseil municipal, qui avait alors le pouvoir de rejeter la demande.

Un collectif d’habitants de ce village s’était créé en opposition au projet. Il vient de se réactiver sous le nom « Le collectif du chêne blanc » suite aux demandes de permis de construire qui ont été déposées en mairie de Limans, le 2 mars 2023, par la société Acampesis Solaire Energie.

Voici le détail du projet.

Dans le quartier Sigriès :

  • surface du projet 4,6 ha pour 2,2 ha de surface nette de panneaux photovoltaïques (PV), 2 postes de transformations, 1 poste de livraison et 1 espace de stockage ;
  • surface du projet 9,9 ha pour 5,1 ha de surface nette de PV, 4 postes de transformations, 1 poste de livraison et 1 espace de stockage ;
  • surface du projet 9,8 ha pour 5 ha de surface nette de PV, 4 postes de transformations, 1 poste de livraison et 1 espace de stockage.

Dans le quartier Plaine de Rouyère :

  • surface du projet 8,1 ha pour 3,7 ha de surface nette de PV, 4 postes de transformations, 1 poste de livraison et 1 espace de stockage ;
  • surface du projet 7,9 ha pour 4,1 ha de surface nette de PV, 4 postes de transformations, 1 poste de livraison et 1 espace de stockage.

(La différence entre la surface de projet et la surface nette de PV est due à l’obligation de débroussailler sur une bande de 50 m autour des limites d’implantation. Cela impacte la biodiversité et le paysage mais dans une mesure moindre que le défrichement pur et simple.)

Soit au total 40,3 ha de terrains impactés pour une surface nette de 20,1 ha de PV répartis sur 5 centrales regroupées en 3 zones :

Cliquer pour agrandir, ou accéder à la carte sur Géoportail et situer le projet sur notre territoire. Merci à Olivia Kopczynski pour le relevé des parcelles.

La logique menant à l’individualisation de 5 projets sur ces 3 zones n’est pas apparente. On peut cependant faire le rapprochement avec la limite des 25 ha de défrichement à fin photovoltaïque que fixe la nouvelle loi d’accélération des EnR.

Cela se situe juste au nord de l’embranchement vers Banon ou Saint-Etienne-les-Orgues, venant de Forcalquier, à proximité opportune du poste source EDF sur la D13. Avec le calque de photo satellite, on constate que toutes ces zones sont boisées :

Cliquer pour agrandir, ou accéder à la carte sur Géoportail et situer le projet sur notre territoire.

Les projets sont situés en Zone A (agricole) et en zone N (naturelle) du PLU, sur des parcelles boisées, proches des routes départementales D13 et D950, avec pour conséquence un impact visuel très fort sur un paysage agricole, naturel et forestier, sur l’attractivité touristique de ce secteur et sur la qualité de vie des habitants alentour.

Si le PLU prévoit bien dans ses dispositions générales la possibilité d’implantations de centrales photovoltaïques au sol (surface PV ≤ 10 ha, surface globale < 50 ha), les dispositions applicables aux zones A et N les interdit. Ce point a été signalé formellement par la municipalité lors d’une rencontre avec le collectif.

Il serait nécessaire pour permettre la réalisation de ce projet de faire évoluer le zonage du PLU en reclassant les différents secteurs en zones ayant vocation à accueillir un parc photovoltaïque.

L’analyse

L’association Amilure, sollicitée par le collectif local, considère que la proximité du poste source EDF de Limans (auquel il est prévu déjà de raccorder d’autres projets PV éloignés) ne justifie pas le sacrifice de 40 ha boisés – même s’il sera donné comme argument justificatif la faible valeur des sols et du bois exploitable.

Nous n’avons pas connaissance d’une étude d’impact en cours ou programmée. Elle devra de toute façon être mise en œuvre, ainsi qu’une enquête publique, si l’intention du projet venait à être validée. Mais ne peut-on anticiper la réflexion sur les dégâts causés par sa réalisation ?

  • Ouverture du milieu assurément, possiblement favorable au pastoralisme mais causant la disparition du couvert végétal et de la strate arbustive qui protègent les espèces animales et végétales ainsi que les champignons des effets d’un climat en voie de réchauffement.
  • Menace d’évaporation accrue et fragilisation de la nappe phréatique de la Laye qui permet non loin du site la présence d’un petit étang.

Nous ne craignons pas de le répéter : ne serait-il pas temps de réfléchir à un schéma départemental de cohérence pour l’installation des centrales de production d’énergie renouvelable, en consultant l’ensemble des habitants et de leurs représentants associatifs qui pourraient éclairer les porteurs de projet sur d’autres points que le seul argument budgétaire qui semble souvent servir de motivation.

La récente loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelable entend concilier l’acceptabilité locale avec l’accélération du déploiement des projets. Ici, l’objectif semble raté car une pétition contre ce projet est en cours qui a recueilli en très peu de jours plus de 600 signatures déposées en mairie de Limans, à la sous-préfecture et à la communauté des communes.

Nous avons eu connaissance du lancement par la communauté des communes du Pays de Forcalquier Montagne de Lure d’un Plan de paysage intégrant une stratégie territoriale opérationnelle de transition énergétique et écologique. Nous espérons que celui-ci autorisera une sincère concertation au sein du territoire et que nous y serons associés.

Position Amilure

En l’état, dans la stricte application de notre doctrine contre le défrichement, mais aussi pour marquer notre désapprobation de ces démarches anti citoyennes, et par souci de préservation du paysage, Amilure s’oppose à ces installations et soutient « Le collectif du chêne blanc » de Limans contre le projet.

Mises à jour

Début juillet 2023, nous apprenons par la mairie de Limans que la demande de permis de construire, portée par l’opérateur Voltalia, est caduque. En effet, la DDT ayant demandé des compléments au dossier, et n’ayant pas reçu ces compléments dans les délais, a rejeté la demande comme la loi l’y oblige.

Que penser de cet acte manqué ? L’erreur est humaine, mais il se peut aussi qu’on ait choisi d’attendre des auspices plus favorables suite à la mise en application de la loi d’accélération…

La mairie de Limans, opposée au projet, s’exprime à ce sujet dans ses pages.

Juin 2024, le collectif du Chêne Blanc publie dans nos pages une mise à jour de la situation montrant que la menace initialement repoussée refait surface. Chacun peut apporter son soutien par une pétition et un rassemblement annoncé dans cet article.

index projet : #limans-sigries-et-rouyere

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