La commune d’Oraison et sa municipalité sont sous les feux de l’actualité. En cause, la procédure de révision du PLU qui vise à rendre disponible le Bois de Saint-Martin, une zone naturelle jusqu’ici protégée au titre des espaces boisés classés, pour l’installation d’une centrale photovoltaïque de 17,9 hectares. Ce projet de parc photovoltaïque est soutenu par la majorité des élus municipaux et des élus de l’agglomération Durance Luberon Verdon.
Des conseils municipaux mouvementés
Le public a afflué lors d’un premier conseil municipal le 24 septembre 2026, appelé à délibérer sur ce projet. Sans procéder à un vote, le maire a fait évacuer la salle et prononcé le huis clos. Cet incident a ravivé la controverse autour du projet.
Comme la loi demande qu’un huis clos se décide par vote, les décisions prises ce jour-là ont été annulées, ce qui a imposé la tenue d’un autre conseil municipal.
Ce nouveau conseil a eu lieu le 8 octobre 2026 dans un contexte de tensions entre les soutiens du projet et les opposants. Le projet de mise en compatibilité du PLU y a été définitivement adopté par la majorité (22 voix pour, 4 contre et 3 abstentions) malgré de vives protestations.
Une procédure contestable
Si la procédure légale avance à la faveur du maire, elle n’est pas close et pourrait encore être contestée.
Amilure rappelle que la Mission régionale d’autorité environnementale (MRAe) recommande d’évaluer les effets que l’aménagement du sous-secteur est susceptible d’avoir sur l’environnement, notamment sur la biodiversité et les continuités écologiques, le paysage et les risques naturels. Cette évaluation doit également prendre en compte le cumul des incidences avec d’autres projets existants ou approuvés.
De l’autre côté de la Durance, de tels projets existent déjà : notre association s’oppose notamment à celui d’Aubignosc, tandis que celui de Montfort contribue au mitage de l’espace habitable du Piémont de Lure.
Par ailleurs, l’absence de l’avis de la commission départementale de protection des espaces naturels et forestiers (CDPENAF) constitue selon nous une irrégularité juridique. Nous rappelons que la décision de la préfecture est requise, que des recours sont possibles dans les deux mois pour empêcher le déclassement de l’espace classé boisé, et qu’une révision du PLU serait nécessaire pour changer le projet d’aménagement et de développement durables (PADD) et légaliser le projet du Bois Saint-Martin. Une procédure longue et coûteuse.
En réponse aux critiques, le maire avance l’argument selon lequel le parc n’occuperait que 20 hectares (obligations légales de débroussaillement comprises) sur les 30 km² que représente l’ensemble du massif forestier. Il estime ainsi que l’emprise du projet reste proportionnée à la superficie du massif. Pourtant, si cette emprise est présentée comme minime, son poids économique dans le budget communal est majeur, ce qui explique la volonté de la mairie de sacrifier cette zone naturelle.
Les associations ont des périmètres d’action définis légalement, et la commune d’Oraison ne fait malheureusement pas partie du périmètre d’Amilure, ce qui nous empêche toute action juridique contre ce projet. Mais comme bien d’autres, Amilure s’est exprimée lors de l’enquête publique contre cette mise en compatibilité du PLU. Nous continuerons à suivre ce dossier et à soutenir les opposants.
Un contresens écologique
Après un été caniculaire et des mégafeux qui détruisent des milliers d’hectares, n’est-il pas prioritaire pour l’intérêt général de conserver l’intégralité des puits de carbone ? Rien ne compense la destruction de quelques hectares d’une forêt qui résiste au changement climatique, une forêt qui constitue un écosystème homogène, une continuité écologique pour tout le vivant.
Une centrale photovoltaïque n’abrite pas la vie. Au mieux, elle produit des électrons. Il n’en est pas de même pour l’oxygène produit par la photosynthèse des canopées et des sols vivants, prairies ou champs, ou par le phytoplancton des océans que nous maltraitons. L’oxygène produit généreusement et gratuitement par ces écosystèmes est vital pour les êtres vivants dont nous sommes.
Nous nous opposons à ce projet, présenté comme relevant de l’intérêt général et justifié au nom d’une raison impérative d’intérêt public majeur. Nous contestons cette qualification, estimant que ses promoteurs privilégient avant tout des intérêts économiques à court terme.
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Arrêtons de déboiser pour produire de l’électricité, nous en avons en trop, c’est de l’oxygène qu’il nous faut ! Il faut que le prochain gouvernement décrète de ne plus surpayer le photo-voltaïque et l’éolien et rachète le kW au prix des centrales nucléaires (6,5ct /kW je crois savoir), ça calmera le jeu et devrait abaisser nos factures d’électricité.
C’est fou ! Nos forêts sont envahies par des déserts aux reflets aveuglants, partout on remplace le vivant par de l’artificialisation. Jusqu’où irons-nous ? La destruction de notre territoire se poursuit inexorablement et c’est terrifiant.
Merci pour cette synthèse. C’est l’occasion de saluer le travail assidu et rigoureux, avec un énergie constante, qu’a mené l’association Ecoraison depuis 2020. Sous la direction de son président Philippe Souder et de son conseil d’administration, cette association a alerté, mobilisé et milité contre ce projet de centrale photovoltaïque que poursuit la commune d’Oraison en dépit des plus élémentaires considérations environnementales.
Malheureusement, faute de relais humains, Ecoraison a dû prononcer sa dissolution en mai dernier. Cette disparition de notre paysage associatif d’une instance proche d’Amilure ne devrait pas se faire silencieusement. C’est une perte regrettable et son action mérite d’être saluée.
Encore aujourd’hui d’ailleurs, compte tenu de l’actualité municipale d’Oraison et malgré la fin d’activité d’Ecoraison, c’est Philippe Souder qui, personnellement, continue d’animer la riposte. Merci à lui.