Que se passe-t-il ?

Nous sommes cernés. D’un côté, la région (lire notre article sur le SRADDET) a mis au point un plan d’attaque pour multiplier (au moins) par 6 l’espace occupé par des éoliennes et des panneaux photovoltaïques sur notre territoire de montagne de Lure-plateau d’Albion. Par ailleurs RTE (les réseaux électriques – lire notre article sur le projet d’extension) s’apprête à augmenter les capacités d’acheminement et de transformation d’électricité, sans quoi les objectifs du SRADDET ne pourraient pas être atteints. Enfin, l’État (lire notre article sur la loi ASAP) a pris soin de savonner la planche pour faire glisser tout ça sans qu’on puisse faire valoir un site remarquable, une biodiversité menacée ou des espèces protégées.

Nous assistons donc à une montée en puissance spectaculaire de la colonisation photovoltaïque mais aussi éolienne, la plus dommageable et la plus improductive, en même temps qu’au rabotage des outils de discernement permettant de distinguer les projets vertueux des atteintes à la nature injustifiées.

Que pouvons-nous faire ?

RTE a lancé une consultation en ligne pour recueillir l’avis des habitants sur ses projets d’expansion. Malgré tout le mal qu’on pourrait en dire, il n’est pas clair que cela aura un impact sur les décisions, mais c’est pour l’instant le seul moyen de se faire entendre.

La consultation s’est ouverte le 9 décembre 2020. Il faut intervenir avant sa clôture, le 3 février 2021.

Nous n’avons donc que quelques jours pour réagir. Visitez cette page, consultez au besoin les documents qui vous sont proposés, puis cliquez sur vos contributions pour exprimer votre point de vue. 

Cette opération est restée confidentielle et, à l’heure d’écrire ces lignes, nous savons qu’il existe des contributions en cours de modération depuis au moins le 21 décembre, mais aucune n’est pour l’instant publiée. L’information annonçant qu’aucune contribution n’a été faite, au 6 janvier, est donc fausse et trompeuse.

Note : RTE nous informe que les contributions qui ont été émises sont en cours de traitement : elles ne seront publiées qu’accompagnées des réponses de l’opérateur. La démarche apparaît comme une tentative de neutralisation par anticipation des avis défavorables.

Quels sont nos arguments ?

Chacun a sa propre analyse. Mais pour vous aider à étayer votre position, voici quelques points qui peuvent être soulevés :

  • les émissions de CO2 ne seront significativement réduites en France qu’en agissant sur le transport, le chauffage et, surtout, la sobriété énergétique, compte tenu notamment de l’origine principalement nucléaire de notre électricité – les ENR n’auront que très peu d’impact sur le dérèglement climatique,
  • la dynamique annoncée ici, couplée avec le SRADDET PACA, aura des effets dommageables irréversibles sur la nature, la biodiversité, les espèces protégées et le paysage,
  • on compte donc s’attaquer à l’environnement au nom de l’écologie,
  • pourtant, contrairement à ce qu’on entretient dans l’opinion, l’économie de ces installations industrielles n’est pas soutenable, et n’est artificiellement maintenue aujourd’hui que grâce aux soutiens de l’Etat (c’est grave pour le photovoltaïque et encore pire pour l’éolien),
  • tandis que la loi ASAP désamorce par avance tout questionnement citoyen des projets de centrale et ouvre la porte à tous les abus,
  • et cette consultation ne permet pas d’entrevoir l’impact des futurs projets de production, des futurs postes de transformation ni des futures lignes de transport.

Si vous habitez à proximité des sites prévus, témoignez pour votre environnement immédiat. Vous pouvez joindre des photos.

Que voulons-nous obtenir ?

Nous demandons que les ambitions exprimées dans les documents de cette consultation soient revues à la baisse, pour ne prendre en compte que le potentiel en surfaces artificialisées, et que les implantations en milieux naturels fassent l’objet d’une étude de terrain plus respectueuse de l’environnement et des habitants, et donc que le déploiement du réseau de transformation et de transport soit ajusté en conséquence.

Alerte ENR : la région attaque – réagissez !

14 commentaires sur “Alerte ENR : la région attaque – réagissez !

  1. Bonjour,

    voilà qui correspond, mais en partie seulement, aux commentaires précédents (excellents merci) sur l’absence de prospectives concertées.

    Le gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE) et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont détaillé les conditions techniques indispensables, selon eux, à la mise en place d’un système électrique fondé sur des parts très élevées d’énergies renouvelables. Le document propose 8 scénarios. Il a été commandé par le ministère de la transition écologique en 2019, afin de confirmer la faisabilité d’une hypothèse 100 % renouvelables.

    Et il est consultable ici : https://assets.rte-france.com/prod/public/2021-01/Bilan%20Previsionnel%202050-consultation-complet.pdf

    La démarche reste d’autorité, ce n’est pas un appel à projet, mais on peut penser que des contributions externes, comme celle de negaWatt, on été prises en compte.

    Vous pouvez déposer votre avis par courriel jusqu’au 5 mars 2021.

    1. Merci pour votre commentaire. Nous préparons justement une analyse sur cette consultation et le document auquel vous faites référence. A bientôt dans nos pages…

  2. “…l’évolution exponentielle de l’activité humaine …” Là est justement le problème ! De dire que c’est inéluctable ! Cette évolution à fortiori exponentielle aura une fin, tout le monde le sait … fission ou fusion pourraient au mieux repousser un tout petit peu l’échéance fatale … si pas d’accident avant … Nous n’avons plus qu’un seul choix : la raison de la sobriété … ne perdons pas trop de temps à l’admettre … Les ENR peuvent être séduisantes mais elles ne sont qu’un leurre, vos commentaires en font la preuve. Je citerai Nicolas Hulot qui disait à peu près ceci (le fond est fidèle) : “Pas de progrès possible pour la sauvegarde de la planète dans notre modèle économique actuel” Personnellement je dirais plutôt “système économique” tant l’actuel n’est pas un modèle ! L’épisode Covid nous l’aura suffisamment prouvé …

  3. Bien souvent, lors de décisions collégiales importantes il est souvent bon de prendre du recul ou de la hauteur. Dans ce cas précis, il est indispensable de prendre beaucoup de hauteur :
    Ou bien l’on regarde le sujet de l’énergie de façon cartésienne, ce qui semble être le cas, ou bien l’on se doit d’englober l’état de la planète qui ne s’améliorera jamais grâce à des éoliennes ou du photovoltaÏque qui, ensemble ont un si faible impact en production d’énergie face à l’évolution exponentielle de l’activité humaine…
    Evolution basique nécessaire ou pas, mais surtout incontrôlable….
    Il s’agit d’un constat d’entropie qui devrait nous ramener à la réalité.
    La fission de l’atome ne serait elle pas un moindre mal, en attendant la fusion peut-être d’ici 1/2 siècle ? Ça permettrai d’épargner la nature et la faune d’endroits encore préservés….
    Pourquoi ne pas encore plus contrôler et sécuriser l’énergie nucléaire ainsi que le traitement des déchets dont les recherches en ce sens progressent.
    Bien sûr, toutes les sources fossiles sont à proscrire.

  4. Le Bien n’habite jamais seul, il a toujours des voisins. Confucius

    Dans un passé récent des projets ont vu le jour pour capter le soleil du Sahara à l’usage de zones « défavorisées » de l’Europe. Cela semble oublié.

    À l’échelle française, aller chercher l’énergie solaire et éolienne dans des départements faiblement peuplés pour la déplacer à l’usage de métropoles, relève de la même absence de logique.

    Lieux de captage à faible coût foncier, infrastructures de transport, zones à forts usages.

    Il est préférable pour le développement d’un projet pérenne, ayant un impact territorial et économique d’importance, de le concevoir de façon interrégionale. Ce projet doit faire l’objet d’un cahier des charges préalablement établi. Ce cahier des charges porte sur les besoins et les buts, pas sur les réponses. Il est ensuite fait appel à projets à l’échelle du pays voire à l’international. Les cabinets d’études du secteur ou des secteurs concernés se constituent en groupe pour apporter des réponses intégrées. Les divers impacts des solutions proposées font état d’examen sur les plans environnementaux, économiques, nuisances, coûts de démantèlement, et autres. Chaque proposition est ainsi évaluable dans sa création, sa gestion et son coût ou avantage global pour les collectivités destinataires.

    Un jury est constitué : il comprend les demandeurs comme les destinataires usagers, publics, industriels, instances territoriales. Ensuite, et seulement ensuite, il est fait consultation publique sous réserve des droits des tiers. Un choix est fait et validé par tous. Il est préférable qu’une mission de suivi soit garantie aux concepteurs pour toute la durée de réalisation. Ainsi le prescripteur donneur d’ordre ne se confond pas avec les options retenues dans l’intérêt collectif.

    Après l’Accord de Paris sur le climat, tout grand projet, d’autant plus si les prémices du projet sont antérieures à cet Accord, se doit de répondre de façon vertueuse aux objectifs climatiques.

    Thématiques transversales non hiérarchisées ni exhaustives :

    Imposer un projet sans mise en concurrence préalable des idées procède d’une efficience largement incomplète, et d’un manque d’attention porté au bien commun. Si la décision est d’évidence acquise, à quoi sert-il de faire appel à contribution sur de micro-détails ? N’est-il pas indispensable d’ouvrir les possibles jusqu’à une reprogrammation, une manière de se donner le temps indispensable pour intégrer tous les paramètres d’un projet conçu par phases de réalisation, ce qui permet d’accueillir les innovations qui ne manqueront pas de surgir. Cela constituerait une base non conflictuelle et autant possible que se peut durable ?

    Jean-Pierre Bodossian, architecte DPLG (en retraite), habitant du 04

    1. J’ai lu votre commentaire, et j’en partage grandement le contenu, toutefois, et malheureusement pour nous, il n’est pas très difficile de véhiculer des puissances importantes entre la Provence et des zones plus industrialisées (Bouches du Rhône et Rhône) contrairement au Sahara. En revanche, il n’y a jamais eu de concertation, ni même de réflexion scientifique ou industrielle sur l’implantation d éoliennes ou de sites photovoltaïques, qui ne remplaceront jamais les centrales nucléaires ! Même si les écolos prêtent à ces centrales les pires calamités du monde sans y avoir jamais mis les pieds !
      Nos élus ne voient qu’une chose, c’est à dire leur électorat, et comme leur variable d’ajustement se trouve être les Verts, ils s’engagent, sans aucune réflexion pour un certain nombre de MW en énergies renouvelables, et on affecte arbitrairement un pourcentage à chaque région ! Et taisez vous, nous avons décidé pour vous !
      Dans un deuxième temps, nous verrons les centrales à charbons ou à gaz, pour compenser les absences de vent et de lumière. Vive l’écologie !
      J’étais en charge de la vente d’éoliennes dans une multinationale en électrotechnique début des années 2000, bien sur affilié au Syndicat des Énergies Renouvelables, il m’a fallu 2 ans pour obtenir un chiffre de rendement de ces moulins à vent, que l’on sait aujourd’hui inférieur à 25% !

  5. salut Amilure,
    Je vous rejoints sur la question du potentiel à prendre en compte., et je rejoints l’analyse de JBR.
    Quand même Amilure, c’est un poil sophiste de réfuter les énergies renouvelables au prétexte qu’elles ont peu de poids dans la lutte contre le dérèglement climatique. Et l’alternative aux énergies fossiles alors ?
    Bon, une prospective des besoins des territoires en matière de réseaux c’est pas idiot, c’est même conseillé. Mais ce schéma ne vaut pas mieux question sophisme. Car projeter une adaptation du réseau en se prévalant des orientations régionales est un tantinet abusif.
    On y lit que le schéma propose de desservir quatre territoires ruraux présentant “des perspectives de développement de parcs photovoltaïques au sol”. Les plus impactés seront le plateau d’Albion (84 et 04), le Buëch-Rosanais (05), la Haute Provence (04).
    C’est abuser, car le potentiel des énergies renouvelables, acté dans le schéma de développement durable, est un état des lieux, pas une adhésion de la population. Les habitants auraient leur mot à dire sur ce schéma, en préalable à tout projet, enfin hors modèle soviétique, ou chinois.
    Dans la pratique, comment ça va se passer ? Héhé pour chaque ouvrage, RTE va justifier sa demande d’autorisation de construire par l’existence d’un projet photovoltaïque, et vice-versa. J’imagine une pépinière de dossiers autogames simplifiés et accélérés, pour tout dire fertilisés à la loi ASAP.
    Pour l’égalité des territoires, on repassera. La métropole a besoin d’énergie ? la solution : faisons un plan pour installer des usines solaires dans la campagne lointaine, et laissons les ruraux s’arranger avec les maquignons du solaire industriel.
    Les défenseurs des paysages, des fleurs, et des bestioles sauvages, n’ont pas fini de batailler …

  6. La clé en matière d’énergie est LA SOBRIETE ! Sans revenir à la bougie, le marché européen privé de l’électricité appelle de ses vœux une augmentation exponentielle de la demande ! On cache cette réalité derrière la sacro-sainte décarbonisation …
    Ainsi un potentiel de profits financiers phénoménaux se profile à l’horizon. Potentiel boosté par le caractère aléatoire des ENR ! D’où la nécessité de se doter d’une structure de réseau permettant des flux importants d’énergie en tous sens ! Avec son corollaire le compteur communicant LINKY.
    On se moque complètement de nous. Il est temps d’exiger une réelle politique de sobriété, en tout cas de cesser de proposer tous les jours des nouveaux besoins superflus !! Seule issue possible pour sauver notre planète.

  7. Pouvez-vous rendre visible à toutes et à tous le schéma d’implantation territorial des installations solaires et éoliens de la Région PACA? Cela nous ferait gagner beaucoup de temps sur sa recherche dans le gros pavé du SRADETT 2019. Merci

    1. bonjour Patrick,
      dans le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires, il y a des prescriptions mais pas de schéma d’implantation solaire et éolien

  8. Pas question d’augmentation des capacités d’acheminement de l’énergie électrique.
    Nous sommes contre, sachant que notre région n’en a pas besoin; et quand bien même, le surplus nécessaire est sans aucun doute disponible. La faune et la nature environnante nécessitent beaucoup plus d’attention que ces “fausses” considérations énergétiques. La crise virale que nous vivons depuis près de un an devrait faire réfléchir ces “décideurs”, et la question est : Souhaitez vous détruire ce qu’il reste de viable sur notre planète ???
    Ou bien détruire pour satisfaire l’appât financier d’actionnaires ?
    Après moi le déluge ? C’est bien ça dont il s’agit ?
    Réfléchissez à ce que penseront vos enfants de vous… Bonne année !

  9. Lorsque l’on commence à augmenter les réseaux Très Haute Tension, cela veut dire que l’on se prépare à y transiter de très grosses puissances (centaines de mégawatts).
    Une fois ces travaux de renforcement effectués, on nous mettra la pression en prétextant qu’il faut rentabiliser l’investissement !
    S’il ne s’agissait d’ajouter que quelques dizaines de mégawatts, ENEDIS devrait être en mesure de les absorber.
    Ça sent la magouille gouvernementale à plein nez, nos technocrates se sont engagés sur une augmentation des énergies renouvelables sans mesurer les conséquences sur l’environnement au nom de la Sainte Décarbonatation.
    Nos centrales nucléaire ne produisent pas de CO², alors construisons des éoliennes dont la construction en génère de grosses quantités, ainsi que la fabrication du photovoltaïque, mais là c’est moins grave puisque pas chez nous !!!
    Nos gouvernants marchent complètement sur la tête et fonctionnent en fonction du sens du vent comme les éoliennes !

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