Invasion photovoltaïque en vue – 6 fois plus de panneaux en PACA dans trois ans

Le schéma régional de développement (SRADDET)

Avec 14 % de la puissance installée en métropole au 31 décembre 2018, la région Sud (ex-Paca) est la troisième région de France pour la filière photovoltaïque. Et d’ici 2050, les objectifs de développement fixés par le schéma régional d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET) sont considérables : de 1 223 MWc en 2018, la puissance installée devrait passer à 8 316 MWc en 2023, puis à 11 730 MWc en 2030 et à 46 852 MWc en 2050. Nous détaillons ce dispositif dans cette analyse.

Entre 2020 et 2023 la progression est donc de 580%. Mais cet objectif concerne la région tout entière. Or l’arrière pays, dont les Alpes de Haute-Provence, sera particulièrement convoité pour ce développement. C’est ce qu’indique la carte ci dessous qui cible principalement, dans le département, les zones de la Moyenne Durance en particulier la communauté d’agglomération DLVA et celle du plateau d’Albion. Quel sera, ici, le facteur d’augmentation des surfaces photovoltaïques ?

Le cadre régional pour le développement des projets photovoltaïques prévoit ainsi que le développement des centrales photovoltaïques au sol, moins chères que celles en toitures, devrait constituer la principale réponse à ces ambitions. Il est toutefois précisé que la consommation d’espace qui en résulterait (entre 1 et 2 hectares par MWc installé) ne saurait se faire au détriment de la préservation des espaces agricoles, naturels et forestiers qui contribuent au stockage du carbone, à l’adaptation au changement climatique et au maintien de la biodiversité. Et l’implantation dans les espaces naturels, agricoles ou forestiers n’est en principe à envisager qu’aux trois conditions cumulatives suivantes :

  • avoir examiné les possibilités foncières à la bonne échelle (au niveau du schéma de cohérence territoriale, SCoT, ou du plan local d’urbanisme intercommunal, PLUI) ;
  • s’être assuré, selon une analyse multicritères, de l’absence de faisabilité du projet en espace déjà anthropisé ;
  • et sous réserve du faible impact environnemental et paysager du projet et en analysant le plus faible impact par comparaison avec des sites alternatifs.

Ces conditions tombent sous le sens. Mais lorsqu’on constate que les terres agricoles sont désormais convoitées par les industriels du photovoltaïque qui se sont lancés dans « l’agrivoltaïsme », il y a tout de même matière à s’inquiéter.  Par ailleurs, la validation des projets qui sont récemment sortis de terre ou sont imminents montre à quel point ces critères vertueux sont contournables.

Par contre, ces objectifs ne resteraient que des vœux pieux si les infrastructures d’acheminement de l’électricité n’étaient pas renforcées en proportion.

L’extension des réseaux de distribution (S3REnR)

Dans un autre document intitulé schéma régional de raccordement au réseau des énergies renouvelables (S3REnR), RTE (Réseau de transport d’électricité) prévoit de réserver un certain volume de capacité d’accueil sur le réseau pour le seul bénéfice des énergies renouvelables, quelles que soient leurs formes, et en différents points du territoire. Pour offrir cette capacité, des travaux vont être engagés quand le réseau actuel est insuffisant ou que le territoire concerné est mal desservi. Un dispositif de concertation est en ligne qui explique la démarche et ses objectifs.

Pour notre territoire de Moyenne Durance, l’objectif assigné de 900 MW pour le développement de parcs photovoltaïques au sol est le plus ambitieux de toute la région Sud (voir la carte du réseau ci-dessous). Si l’on y ajoute le plateau d’Albion, prolongement naturel de Lure, c’est à 1 200 MW d’objectif qu’il faudra faire face. Du soleil et relativement peu de population par rapport aux départements du littoral qui, eux, se voient assigner surtout des objectifs de développement sur des surfaces artificialisées, font que notre territoire va ainsi devenir la cible prioritaire des opérateurs photovoltaïques dans les années à venir.

Répartition du potentiel en PACA

Dans cette perspective, le schéma de raccordement des énergies renouvelables prévoit de renforcer la distribution en créant des postes sources ou en augmentant la puissance de ceux qui existent déjà. C’est vers ces postes que l’électricité produite converge, le plus souvent par des lignes de 20 000 volts enterrées, pour être ensuite injectée dans le réseau au moyen de lignes de très haute tension (THT) portées par les pylônes qu’on connaît – et qui vont donc se multiplier dans le paysage.

Le Préfet de Région a ainsi demandé au gestionnaire du réseau de transport d’électricité (RTE) d’augmenter la capacité de distribution du réseau de 6 400 MW, à l’horizon 2030, pour une capacité totale du réseau estimée à 12 500 MW.

Développement des postes sources
Développement des lignes de haute tension

Le coût de cette opération est estimé entre 500 et 620 M€. Le seul projet de nouveau poste « Albion » à Revest du Bion est estimé à 75 M€. Il faudra d’abord que le contribuable et le client EDF supportent ces investissements (au-delà de l’apport des producteurs – seulement 14%), puis que les projets qui les justifient voient le jour.

Convergence d’intentions

Les ambitions de la région (SRADDET) et les projets de RTE (S3REnR) sont évidemment indissociables. Le SRADDET ne peut aboutir si le réseau n’augmente pas en capacité. Et si S3REnR atteint ses objectifs, il faudra bien rentabiliser les travaux : cela constituera un appel d’air qui incitera les arbitres institutionnels à baisser encore plus la garde au moment de vérifier les conditions à remplir pour chaque projet.

Le S3REnR apparaît donc comme le déclencheur nécessaire du raz de marée photovoltaïque qui menace. Si l’on voulait stopper ou ralentir ce déferlement, c’est là qu’il faudrait frapper.

Amilure s’y emploie.

2 commentaires sur “L’évolution du réseau

  1. Oui pour le photovoltaique car c’est une énergie moins nuisible à la santé que le nucléaire, quant à l’éolienne elle nuit au bien être des gens environnants
    Mais,
    En contrepartie il serait bien de choisir un terrain qui ne nuirait ni à la beauté du paysage car nous sommes dans une belle région , ni au bien être des animaux car ils seront forcément perturbés.
    Pourquoi se précipiter au lieu de chercher un endroit plus adéquate pour préserver la nature au maximum.

  2. Bonjour,
    Je viens de voir les différents parcs et projets photovoltaïques en PACA et je suis abasourdie par autant d’invasions ! C’est tout à fait abominable et dans la déraison. Les industriels sont de réels opportunistes qui ne font que surfer sur les vagues successives qu’elles soient nucléaires à une époque ou sur les énergies renouvelables d’aujourd’hui. Mais où va-t-on ? La gestion de notre planète sera toujours dans la démesure, la précipitation pour faire du profit. L’être humain est vraiment le plus idiot des êtres vivants. Désolée pour ce coup de g… Il n’y a qu’un mot, RESISTER !

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