En 2026, l’arrivée du Versement Nucléaire Universel devrait stabiliser le prix de l’électricité. Pourtant, le gel de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3), et les alertes de la première force syndicale (CFE CGC) au sein d’EDF, inquiètent. Quand les enjeux stratégiques se heurtent aux réalités du terrain.
En ce début d’année, nous prenons connaissance des derniers bilans de RTE, le gestionnaire du réseau de transport de l’électricité, sur la production et la consommation d’électricité en France. Nous y apprenons que notre consommation électrique est restée stable en 2025 par rapport à l’année 2024 (449 TWh sur les deux années), confirmant une stagnation de la demande, alors que la production d’électricité a atteint un nouveau record établi à 544 TWh, en 2025. Ce décalage entre une demande intérieure atone et une offre de plus en plus abondante permet l’affichage d’un excédent historique, avec l’exportation de 92,3 TWh d’électricité vers nos voisins européens.
Par ailleurs, nous apprenons que l’Etat français met en place un nouveau mécanisme de régulation du marché de l’électricité appelé le Versement Nucléaire Universel. Il la vendra désormais au prix du marché, mais reversera aux consommateurs une partie des “superprofits” qu’il peut obtenir quand les prix de vente dépassent un certain seuil. L’incidence sur nos factures d’électricité sera perceptible, au mieux, en 2027. Il faudra attendre que soit fixé le prix plancher du mégawatt de cette production (il pourrait se situer dans une fourchette entre 68€ et 78€ selon des hypothèses de consommation), puis que le décret soit publié. Il s’agit donc d’un mécanisme bienvenu de redistribution des bénéfices à des consommateurs.
En principe ces nouvelles devraient nous réjouir, mais en ce début d’année, nous ignorons l’essentiel des projets d’investissement pour la transition énergétique.
La Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3), qui doit fixer la trajectoire énergétique de la France jusqu’en 2035, a connu un coup d’arrêt après la chute du gouvernement Bayrou le 8 septembre dernier. Sa signature a pris du retard, alors que ce document doit baliser le chemin vers la neutralité carbone.
Sur ce sujet la CFE CGC, première force syndicale au sein d’EDF, a adressé le 23 décembre un courrier officiel au ministre de l’Industrie et de l’Énergie, Roland Lescure, pour l’alerter sur les risques majeurs de la PPE3.
Dans cette lettre particulièrement argumentée, ce syndicat dénonce un projet de développement des EnR fondé sur des hypothèses désormais obsolètes, pointant le risque de surcapacités électriques, de déséquilibre du réseau, de surcoûts durables pour les finances publiques et les consommateurs, ainsi qu’une fragilisation préoccupante du parc nucléaire français.
Amilure, avec d’autres, alerte depuis longtemps sur les conséquences de ce développement industriel sur l’équilibre du système électrique, mais aussi sur les effets des projets industriels sur des zones naturelles, forestières ou agricoles. Rappelons que des décisions de justice ont donné raison à notre association (voir l’article « Le point sur les actions judiciaires d’Amilure »).
Les inquiétudes du principal syndicat d’EDF résonnent avec les positions qu’Amilure exprime régulièrement dans ses publications (voir cet article).
C’est ainsi que nous lisons que ce syndicat se dit particulièrement préoccupé par :
« les volumes massifs de puissance photovoltaïque raccordés chaque trimestre, de l’ordre de grandeur d’un réacteur nucléaire, et par l’ampleur de la file d’attente des projets d’énergies renouvelables électriques intermittentes… »
Mais aussi que :
« Les effets sur le système électrique de la « cloche solaire » (surproduction d’énergie solaire en période d’ensoleillement) et de cette file d’attente posent clairement la question d’une révision des trajectoires de développement du photovoltaïque prévues dans la PPE3. »
Amilure adhère totalement avec cette demande de révision de la planification du photovoltaïque, afin que soient épargnés tous les espaces naturels, forestiers et agricoles.
Illustration @pixabay
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La CFE-CGC est un syndicat raisonné et raisonnable. La prolifération des grosses installations : photovoltaïque et éolien, doit immédiatement être freinée en payant leurs kW au prix de marché et non plus 2 ou 3 fois celui-ci, nos factures d’électricité en seront d’autant moins impactées, tout autant que l’équilibre du réseau.
Bien sûr il n’y aura plus ces superdividendes reversés au loueur de terrain, mais une diminution du prix du kW à espérer sur nos factures
Et pour nos amis écolos, restons pragmatiques, nous ne sommes techniquement pas prêts de remplacer les centrales nucléaires par de l’intermittent, même si les progrès de stockage avancent bien, le différentiel entre l’offre et la demande est considérable.
De plus, les très grosses batteries sont actuellement fabriquées par Tesla, et personnellement je pense que nous n’avons pas à faire de cadeaux aux américains ces temps ci !